Index
Fiche 1: Les arbres riverains
Fiche 2: L'élagage
Fiche 3: Les arbres têtards
Fiche 4: La végétation arbustive et buissonnante
Fiche 5: La stabilisation végétale des berges
Fiche 6 : La protection des cours d’eau en milieu agricole
Fiche 7 : Les embâcles
Fiche 8 : La gestion de la Renouée du Japon et de la Balsamine de l’Himalaya
Fiche 9 : La maladie de l’aulne
Fiche 10 : Gestion des berges et avifaune
Fiche 11 : Gestion des cours d’eau et faune piscicole
Bibliographie |
Fiche 5: LA STABILISATION VEGETALE DES BERGES (suite)
5.2. La renaturalisation des berges (suite)
5.2.3. Les techniques herbacées
La végétation herbacée riveraine contribue à la lutte anti-érosive en fixant les terres, en réduisant l’effet érosif des eaux ruisselantes en provenance des terres voisines,... De plus, cette strate végétale joue un rôle important pour la diversité biologique : de nombreux animaux s’y abritent, s’y reproduisent,…
A. L’ensemencement
L’ensemencement est une méthode de stabilisation naturelle des berges qui consiste à semer manuellement ou mécaniquement un couvert herbacé sur des surfaces dénudées suite à des travaux de terrassement ou à l’érosion. L’ensemencement n’est généralement pratiqué que comme auxiliaire à des méthodes plus efficaces telles que le bouturage ou la plantation (les arbustes sont les éléments stabilisateurs les plus efficaces).
Choix du mélange : utiliser un mélange diversifié composé de graminées (70-90 % - en poids) et de légumineuses (10-30 %) ; il est recommandé de semer au moins 3 espèces de graminées et 2-3 espèces de légumineuses. Ce mélange doit être capable de former rapidement un couvert dense et régulier. Quelques espèces pouvant être utilisées pour l’enherbement des berges sont présentées dans le tableau suivant :
Sélection d’espèces herbacées pouvant être utilisées pour stabiliser les berges
(d'après Dethioux, 1989 et Lachat, 1994)
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GRAMINEES
Agrostide stolonifère (Agrostis stolonifera)
Baldingère (Phalaris arundinacea)
Fétuque des prés (Festuca pratensis)
Fétuque rouge (Festuca rubra)
Pâturin commun (Poa trivialis)
Ray-grass commun (Lolium perenne)
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LEGUMINEUSES
Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
Trèfle blanc (Trifolium repens)
Vesce à épis (Vicia cracca)
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Les mélanges permettent d’associer des espèces au développement végétatif différent, complémentaires et non concurrentielles dans l’utilisation de l’espace.
Le mélange peut être complété par des espèces appartenant à d’autres familles (ex. : Iris jaune (Iris pseudacorus), Epiaire des marais (Stachys palustris), Reine des prés (Filipendula ulmaria),…) afin de diversifier davantage la strate herbacée. On utilisera des semences d’espèces indigènes adaptées aux berges des cours d’eau. Il convient de privilégier les semences d’origine contrôlées afin de préserver au maximum le patrimoine génétique de notre flore naturelle locale. Il faut noter que ces semences de « plantes sauvages » coûtent cher et sont généralement difficilement disponibles.
On évitera l’utilisation d’engrais car ceux-ci risquent de se retrouver dans le cours d’eau et de contribuer ainsi à un enrichissement excessif en nutriments du milieu aquatique.
Remarque : des mélanges différents peuvent être élaborés pour une même berge afin de tenir compte du gradient d’humidité qui augmente au fur et à mesure que l’on s’approche du pied de la berge (susceptible d’être immergé).
Date et site d’implantation : en automne (septembre-octobre) ou au printemps (février-mai), au dessus du niveau moyen des eaux. Eviter les périodes de gel et de sécheresse.
Quel entretien ?
- Si l’objectif à atteindre est la mise en place d’un couvert herbacé, des fauches (ou éventuellement des broyages) sont nécessaires afin de contrôler le développement naturel de la végétation ligneuse et de limiter la concurrence de la végétation adventice. Il est recommandé de pratiquer ces entretiens entre le 1 er août et le 15 septembre afin, principalement, de ne pas perturber la faune pendant la période de reproduction. En cas de prolifération de végétaux indésirables, des fauches sont préconisées plus tôt, avant leur fructification.
- Si, par contre, l’objectif à atteindre est une végétalisation (strate herbacée, strate arbustive et éventuellement une strate arborescente) de la berge, peu d’entretiens seront à apporter. Les végétaux semés seront naturellement remplacés par des plantes davantage forestières à mesure que le milieu se fermera.
Entretien :
Arrosage si le semis a été réalisé dans des conditions défavorables (sécheresse).
L’utilisation d’un paillis est recommandée lorsque :
- la berge est en forte pente (> 30 %), afin de protéger le semis contre l’érosion de surface. Le paillis est alors retenu par un filet plastique biodégradable.
- le semis est réalisé pendant une période sèche. Le paillis permet de conserver l’humidité du sol pendant la germination (grâce à cette technique la période d’implantation peut généralement être étendue).
B. La plantation d’hélophytes
Cette technique consiste à repiquer des hélophytes (2) en pied de berge afin de lutter contre l’érosion. Des plantes indigènes à fort enracinement sont utilisées à raison de 5-8 plants/mètre. Cette technique n’est efficace que pour corriger des problèmes d’érosion peu sévères.
(2) Hélophyte : plante aquatique qui développe un appareil aérien au-dessus de la surface de l'eau en été, alors qu'en hiver ne subsiste que la couche enracinée dans la vase.
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