Fiche 8: LA GESTION DE LA RENOUEE DU JAPON ET DE LA BALSAMINE DE L'HIMALAYA LE LONG DES COURS D'EAU
8.1. Nuisances
La Renouée du Japon (Fallopia japonica) et la Balsamine de l’Himalaya ou Balsamine géante (Impatiens gladulifera) sont des plantes invasives d’origine exotique. Ces plantes indésirables sont très compétitives et ont tendance à former rapidement des peuplements monospécifiques denses provoquant :
- Un appauvrissement de la diversité biologique en empêchant le développement de la flore indigène.
- Une régénération limitée de la végétation ligneuse en zone riveraine où ces végétaux jouent un rôle très important pour la stabilisation des berges. La Renouée du Japon ne fixent pas les berges et les nombreuses tiges qui meurent chaque année peuvent former des embâcles.
- Une gène pour l’accès aux cours d’eau (entretien, pêche,…).

Massif de Renouées du Japon |

Balsamine de l'Himalaya |
Il faut signaler la présence d’une autre espèce invasive de renouée en Région wallonne : la Renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis). Cette dernière provoque des inconvénients similaires à ceux que provoque la Renouée du Japon avec laquelle elle peut s’hybrider.
8.2. Propagation et reproduction
La renouée et la balsamine colonisent les milieux ouverts perturbés. Leur propagation est favorisée par la dégradation ou la destruction de la végétation riveraine (berges mises à nus suite à des travaux ou suite à des crues,…).
Ces deux espèces disposent de méthodes de reproduction très efficaces expliquant leur capacité à coloniser rapidement les milieux dégradés :
- La Renouée du Japon se reproduit par voie végétative et est capable de se régénérer à partir de fragments de tiges ou de rhizomes disséminés par l’eau.
- La Balsamine de l’Himalaya se reproduit principalement en produisant des graines. Un seul individu produit plus de 10.000 graines projetées à quelques mètres lors de « l’explosion » du fruit à maturité (de nombreuses graines sont ensuite disséminées par l’eau).
8.3. Lutte
L’éradication de la Renouée du Japon et la Balsamine de l’Himalaya est extrêmement difficile. Il convient donc d’intervenir dès l’apparition de ces espèces, avant leur prolifération.
Renouée du Japon :
- La méthode la plus efficace pour lutter contre la Renouée du Japon (également applicable à la Balsamine de l’Himalaya) consiste à reboiser (arbustes et arbres) les berges en utilisant des essences autochtones bien adaptées aux conditions stationnelles. Cela permet de recréer un milieu naturel fermé et stable, propice à la biodiversité mais défavorable au développement de la renouée et de la balsamine, plantes héliophiles colonisant les milieux perturbés. Par cette méthode, les problèmes d’accès au cours d’eau ne sont pas supprimés mais il y a limitation, voire élimination, des plantes invasives. Il faut noter que pendant les trois premières années qui suivent la plantation, un à trois fauchages annuels de la végétation indésirable s’avèrent nécessaires pour permettre le bon développement des plants.
- L’élimination des renouées par fauchage est possible mais extrêmement fastidieuse et coûteuse : fauchages répétés pour épuiser les souches (2 fois par mois pendant 2 à 7 ans !).
Balsamine de l’Himalaya :
- Il est recommandé de faucher les peuplements avant la floraison afin d’épuiser la banque de graines.
- Un arrachage peut également être envisagé ; les balsamines présentent un enracinement peu profond. Il faut alors tenir compte de l’important stock semencier présent dans le sol et assurer un suivi du site.
Remarque : l’utilisation d’herbicides est à proscrire, en effet, les espèces invasives sont peu sensibles à ces produits qui risquent surtout de faire disparaître la flore indigène et de polluer les cours d'eau. |